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De nombreux particuliers équipent leur domicile contre les cambriolages. Qu’en est-il de leur résidence secondaire ? Si elles contiennent peu d’objets de valeur, elles sont particulièrement prisées des squatteurs à la recherche de logements isolés et inoccupés. Si le squat est plus rare, il constitue souvent un véritable parcours du combattant pour tout bailleur soucieux de récupérer son bien. Mieux vaut donc prévenir que guérir en matière de squat. Voici quelques conseils pour se prémunir contre ce genre d’intrusions.

Une maison vide et inhabitée est souvent facilement reconnaissable. Aucune voiture stationnée dans l’entrée, aucun passage, pas de lumière, un jardin non entretenu, du courrier s’accumulant dans la boite aux lettres sont autant d’indices qui peuvent mettre la puce à l’oreille. En 2015, la France enregistrait près de 2,8 millions de logements vacants, selon une étude publiée par l’Insee cet été. Autant de propriétés qui peuvent être la cible des squatteurs, souvent fragilisés par la crise du logement, qui touche 15 millions de personnes en France.

Pourquoi se protéger du squat ?

Il  est de la responsabilité du propriétaire, en tant que gestionnaire du bien, d’équiper son logement afin d’éviter les intrusions en tout genre. Dans le cas d’un cambriolage, l’effraction est facile à prouver (carreau brisé, porte forcée, objets dérobés…). Pour ce qui est du squat, elle est souvent plus problématique, ce qui rend la procédure pour déloger ces nouveaux occupants particulièrement complexe et couteuse pour le propriétaire. Si le bien n’est pas habité, le bailleur n’a que 48h pour porter plainte. Une fois ce délai dépassé, il doit s’engager dans de longues démarches judiciaires pour récupérer sa propriété.

La meilleure défense est donc d’agir en amont, afin d’éviter toute intrusion. Pour cela, la protection de votre bien est une nécessité.

Sécurisez les ouvertures de votre bien

Les moyens à mettre en œuvre pour protéger sa résidence secondaire des squatteurs sont assez similaires à ceux utilisés pour éviter les cambrioleurs.

·        Optez pour une porte blindée

Dans de nombreux cas, les squatteurs s’introduisent par la porte d’entrée sans avoir même besoin de la forcer. Lors de vos absences prolongées, veillez donc à verrouiller toutes les portes et fenêtres et équipez votre bien d’une porte blindée avec serrure multipoints. Il faut compter entre 1 500 et 4 000 euros pour une ouverture de ce type, pose comprise, un peu plus si vous installez des cornières anti-pinces, résistantes au pied-de-biche, et une poignée blindée.

·        Choisissez des serrures renforcées

Faites installer des serrures multipoints sur toutes les portes de votre bien et sécuriser les fenêtres, surtout celles situées au rez-de-chaussée. Barreaux, grilles ou encore vitrage anti-effraction sont autant d’options pour renforcer la sécurité des ouvertures.

Les serrures renforcées sont disponibles dans les grandes enseignes de bricolage entre 100 et 300 euros selon les modèles. Mais faites appel à un serrurier qui sera en mesure de vous conseiller au mieux, selon votre budget. Prévoyez entre 200 et 400 euros le m2 pour l’installation d’un vitrage résistant aux chocs et entre 40€ et 150€ par fenêtre grillagée.

·        Investissez dans un système d’alarme

Le délai de 48h étant fatidique dans le cas d’un bien squatté, il peut être intéressant d’installer un système d’alarme avec caméras, afin d’être alerté au plus vite. Il existe de nombreuses solutions à des prix très variés : simple alarme avec détecteur de mouvements, caméras connectées à votre smartphone ou encore système de télésurveillance à abonnement. Le magazine Capital a réalisé l’an dernier un comparatif détaillé des offres disponibles dans le domaine.

Comptez entre 100€ pour une alarme basique et quelques milliers d’euros pour un système complet, auxquels vous devrez dans certains cas ajouter un abonnement mensuel à une société de télésurveillance. Sachez cependant que certaines de ces entreprises proposent la location du matériel.

Une bonne solution intermédiaire est d’équiper votre propriété d’une alarme avec détection de mouvement et caméra connectée directement à votre téléphone portable via Wifi. Encore faut-il que votre résidence secondaire soit pourvue d’une connexion internet en votre absence. Les premiers prix pour un tel équipement commencent autour de 150€.

Ces différentes options représentent un investissement certain mais sont de bons moyens de dissuader les potentiels squatteurs à la recherche d’un bien à occuper.

Signalez votre absence aux services de police

Avant de déserter votre bien, pensez à prévenir votre poste de police locale. Vous pourrez ainsi bénéficier de l’opération « Tranquillité vacances », qui consiste en des patrouilles quotidiennes de votre domicile, de votre résidence secondaire ou commerce. Pour en profiter, il suffit de remplir un formulaire en ligne au moins une semaine avant votre départ.

Votre bien doit paraitre occupé

Afin d’éviter d’attirer les soupçons, le bien doit paraitre habité. Suivez ces quelques conseils pour ne pas laisser présager que votre bien est effectivement vacant :

  • Demandez à un voisin ou un ami, une personne de confiance, de veiller sur la maison en votre absence. Il pourra arroser les plantes, ouvrir les volets de manière régulière ou encore vous prévenir en cas d’intrusion. Confiez-lui les clés, ne les laissez pas sous le paillasson ou dans un pot-de-fleurs.
  • Pensez à l’entretien de votre jardin. Si votre bien est isolé, embauchez un professionnel pour tondre la pelouse ou couper la haie régulièrement.
  • Optez pour un système d’éclairage automatique et alternée. Une allée s’éclairant automatiquement ou des pièces allumées sont des éléments dissuasifs pour les cambrioleurs et les squatteurs. Elles envoient le signal que la maison est occupée. Certains produits domotiques sont de vrais simulateurs de présence : ouverture automatique des volets le matin et le soir, possibilité de programmer des éclairages de vos différentes pièces de façon alternative et logique, ou encore d’allumer votre télévision depuis votre smartphone. A titre d’exemple, les interrupteurs WeMo vous permettent de contrôler tous vos appareils électriques à distance. Un bon moyen de faire croire que la propriété est habitée quand elle ne l’est pas.
  • Faites suivre votre courrier. Ne laissez pas le courrier s’entasser dans la boite aux lettres. Indiquez votre absence au bureau de poste le plus proche, et faites-vous envoyer vos lettres, factures et colis à votre nouvelle adresse. Pensez à apposer une étiquette antipub pour éviter le dépôt de prospectus.

Ces quelques conseils vous permettent de minimiser les risques d’intrusion, ciblant tout particulièrement les logements vides. Le meilleur moyen de prémunir votre propriété contre le squat est donc de l’occuper : famille, amis ou encore locataires. En louant votre demeure, vous la protégerez des occupants indésirables tout en percevant un revenu mensuel.

Si la gestion locative vous effraie, il est peut-être temps de vendre votre bien. Un logement vacant n’est jamais une bonne option pour votre porte-monnaie. En plus d’être une cible facile pour les squatteurs et cambrioleurs, il coute de l’argent en termes d’entretien et de fiscalité, puisqu’une taxe sur les logements vacants s’applique dans certaines communes. Réfléchissez donc bien à vos options avant de laisser votre bien inoccupé trop longtemps.

Victor Melloult – Fondateur

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